Qu'est-ce que le genre ?

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Merlu
Localisation : Devant ton nez
Pronoms : il

Je sais pas du tout où mettre ça.

Comment définir le genre ? Comment définiriez-vous le vôtre ? Qu'est-ce qui fait que vous vous sentez appartenir à ce genre et pas à un autre ?

Ce topic est là pour en discuter.
Cerveau tout cassé, gaffeur mais pas malveillant.
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Significant Otter
Pronoms : iel/il

Je pense qu'il y a deux choses importantes à distinguer, bien qu'elles se recoupent, quand on parle du genre : le cheminement personnel de chaque personne pour arriver à mettre des mots sur son genre et à le vivre comme bon lui semble, et une conception sociale et politique du genre. La première concerne les personnes trans, évidemment, qui sont forcément à un moment de leur vie confrontées (souvent douloureusement, mais c'est aussi souvent source de joie et d'épanouissement si on arrive à vivre sa vie dans le genre qui est le nôtre) à ça d'une façon ou d'une autre, mais je pense que même les personnes cis doivent, à un moment ou à un autre, se questionner sur leur positionnement face aux normes genrées qu'on leur renvoie pour construire leur identité. Les hommes émotifs auxquels on dit de ne pas pleurer, les femmes qui ont de l'ambition et à qui on dit d'être en retrait... Je suis familier du premier questionnement mais pas vraiment du deuxième, donc ça m'intéresse de lire les témoignages de ceux qui l'ont vécu ! Mais peut-être que je me trompe et que ce n'est pas du tout aussi commun que je le pense pour les personnes cis...

La deuxième chose, c'est le genre "social"/"politique". Comme dit plus haut ça se rejoint avec le genre ressenti personnellement, puisque transitionner, pour une personne trans, n'est pas seulement une façon d'être personnellement en accord avec le genre ressenti, mais change son positionnement social, peu importe le "niveau" de transition (changer ses pronoms, ça indique déjà clairement qu'on n'est pas de son genre assigné et ça change les interactions qu'on a avec vous). Pareil, résister ou se conformer à des normes genrées en fonction de sa personnalité, ça a des conséquences sur son positionnement social : un homme qui affirme son émotivité, qui prend en charge la charge mentale de son couple au moins à 50%, qui pose des jours enfant malade sans qu'on lui mette le couteau sous la gorge, ça signifie déjà, autour de lui, qu'il est en subversion des codes.

Mais bon, tout ça ne répond pas directement à la question "qu'est-ce que le genre". Là, j'ai juste établi que c'était "quelque part" dans l'intersection de l'intime et du social, et que l'intersection était quand même assez large.

La société (occidentale) reconnaît officiellement deux genre : les hommes et les femmes, que l'on reconnaît sans comme tels sans même y penser selon des  caractéristiques extérieures aussi variées que : la taille, la coupe de cheveux, la forme de la mâchoire, les vêtements, la taille des mains, la forme du front, la pilosité, la démarche, et tout un tas d'autres choses. La plupart du temps, quand vous croisez quelqu'un dans la rue, un coup d'oeil sur une personne, de dos avec un manteau large et un bonnet vous permet de la classer (à tort ou à raison) comme homme ou femme. Et la plupart du temps, magie, on a raison.
Il faut cependant pointer du doigt que ces caractéristiques sont, pour la plupart, liées à des caractéristiques sexuelles secondaires (qui sont plus ou moins facilement modifiables par traitement hormonal/transition chirurgicale) ou à des choses tout à fait modifiables comme les vêtements ou la posture. Donc parmi les gens qu'on "genre" correctement d'instinct, il y a aussi des personnes trans.
Ce processus de genrage, et c'est particulièrement perceptible pour les personnes trans, bien qu'il soit éminament sociétal, est aussi très, très aléatoire. Nombre de personnes trans (moi compris) ont connu ces jours chelous où, sur trois interactions dans la journée, on a un "monsieur", un "madame" et un "regard bizarre je ne sais pas comment te placer", alors qu'on n'a absolument rien changé entre ces trois interactions.
Basés sur ces données, l'interaction qu'on va avoir avec ces personnes va changer. Si on est perçu-e comme femme, on nous tiendra la porte d'entrée par galanterie/on nous fera des commentaires sur notre physique/on nous dira de sourire plus. Si on est perçu-e comme homme, on s'attendra à ce que ce soit nous qui payions au restaurant, on nous serrera la main plutôt que de nous faire la bise, on trouvera bizarre/dangereux de nous voir dans les toilettes des femmes. Si on est difficilement classable entre les deux, ou si nos vêtements ne sont pas en accord avec nos caractéristiques physiques (particulièrement pour les personnes avec un air "masculin" habillées/se tenant de façon "féminine"), on s'exposera à des violences.
On peut avoir l'impression avec tout ça que je fais une distinction entre les personnes trans "qui passent" (et qui du coup n'auraient pas de soucis puisqu'identifiées à leur genre réel), les personnes trans "en cours de transition" ou "avec un mauvais passing" (et qui du coup sont dans cet entre-deux violent que je décris plus haut); et les personnes qui n'ont pas encore/ne veulent pas transitionner et qui du coup sont tranquilou dans leur genre assigné. Pour les premières et les deuxièmes je vous renvoie deux paragraphes plus haut : même avec un passing au top et 10 ans d'hormonothérapie, on peut encore avoir des jours "sans" où on se fait mégenrer, on ne sait pas pourquoi, et inversement même en étant hyper androgyne on peut être pris sans hésiter pour un homme/une femme. Pour les dernières, je vous renvoie à ce que je disais sur le genre "intime" : si on n'est pas perçu comme notre genre ressenti, ça peut créer un malêtre qui peut être dévastateur et se répercuter (sans qu'on sache forcément que ça vient de là) sur nos relations aux autres. Ca a donc aussi un impact sur notre genre social, même si c'est moins "évident".
Enfin, tout ça concernait essentiellement les interactions immédiates avec des inconnus, qui arrivent souvent mais ne sont pas les seuls lieux d'expérience du genre dans la vie de tous les jours. Dans les interactions suivies avec nos familles/amis/proches/collègues, plus de critères sont généralement pris en compte et il y a une possibilité plus importante (s'il y a un peu de bonne volonté...) de vivre socialement son genre ressenti. Par exemple, on peut demander, même sans transition médicale, à ce qu'on parle de soi avec d'autres pronoms, on peut dire "je ne suis pas une femme/un homme, mais un homme/une femme/nonbinaire". Sans forcément générer automatiquement les réponses appropriées (ah ok je te traiterai donc sans avoir besoin d'y penser comme un homme/une femme/une personne nonbinaire) (on aimerait bien hein :lol: ), ça va changer l'attitude des gens par rapport à son genre. Faut être honnête, souvent ça commence (au moins) par une atmosphère un peu malaisante de "je sais plus comment interagir avec toi". Dans mon cas, je suis out à mon boulot et ça s'est globalement très bien passé (alors que j'étais arrivé enceint de huit mois lol, j'ai fait mon CO pendant mon congé "maternité"), tout le monde utilise à présent mon nom choisi, dit "il" pour parler de moi. Par contre, il y a des choses qui restent un peu "en suspend" : souvent mon collègue homme (le seul du bureau) se réfère à lui-même comme au seul homme du bureau (ce qui est inexact vu que je suis juste à côté :lol: ), quand il n'est pas là, et qu'une personne entre dans le bureau, c'est souvent "bonjour mesdames!" avec parfois le rattapage quelques secondes après "et monsieur..."
Tout ça pour dire que le genre social comme "assignation d'une personne à son rôle social" est en fait hyper compliquée. Et j'ai parlé essentiellement de comment ça se répercutait sur les personnes trans car c'est ce que je connais (en partie, je ne suis qu'une personne trans avec sa perception du truc), mais il y a sans doutes beaucoup à dire sur l'évolution du rôle social d'une femme (cis ou non) à partir du moment où elle se déclare féministe, ou d'un homme quand il se détache du script de la masculinité toxique.

Pour ce qui est de la perception intime du genre, elle peut être très liée à ces rôles sociaux. En effet, pour beaucoup de personnes trans, se rendre compte qu'on n'est pas cis c'est se rendre compte qu'on est mal à l'aise dans notre rôle social et que nous voudrions plutôt être lu-es comme un autre genre (l'autre genre binaire ou autre part dans le spectre). Ca ne veut pas dire "je suis un homme parce que je jouais aux petites voitures quand j'étais petits" ou "je suis un homme parce que la société est sexiste et donc le genre féminin est douloureux à vivre pour cette raison". C'est souvent quelque chose de beaucoup plus intense et personnel : "je suis un homme parce que quand on dit "les mecs" et que ça m'inclue, je me sens enfin moi". "Quand je mets une robe et que c'est normal pour tout le monde autour de moi, je ressens une joie profonde sans savoir pourquoi". "J'ai toujours été mal à l'aise à l'école quand on divisait les filles des garçons, je ne savais jamais trop où aller". Ca peut être aussi des choses plus difficilement identifiables comme dysphorie de genre : "je ne me suis jamais reconnu dans le miroir", "j'ai toujours été renfermé sur moi-même et mal à l'aise avec les autres sans pouvoir expliquer pourquoi", "me couper les cheveux a été une véritable libération".

Je voudrais aussi parler de la relation entre genre et biologie mais j'ai peur de dire des bêtises, donc je vais d'abord relire les très bons chapitre écrits à ce sujet par Julia Serano, une des fondatrices du transféminisme contemporain, qui est aussi biologiste.
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Arya_13

@Significant Otter Super intéressant tout ce que tu dis !
De mon côté pour te répondre en tant que femme cis:
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Zébule

Tiens ça m'intéresse car j'ai réfléchi au genre pendant des années et c'est revenu récemment avec les polémiques créées par JK Rowling et autres.
@Significant Otter mon fils de bientôt 2 ans est déjà "troublé" par la genre ... quand il voit une personne il dit toujours "c'est la dame" ou "c'est le monsieur" et rien que ce matin, on croise une voisine, il dit "c'est la dame", puis elle nous répond "bonjour" et elle a la particularité d'avoir une voix grave. Donc mon fils me dit "ah non, c'est le monsieur". Je lui explique que c'est une dame (ce qui est ma perception évidemment, mais en tout cas je sais que la plupart de ses caractéristiques sexuelles secondaires sont féminines et qu'elle se genre au féminin), mais il n'était pas trop d'accord. J'ai pas trop insisté, je me suis dit que de toute façon c'était pas très important, surtout qu'elle était partie  :hesite:
Mais enfin ce genre de chose nous arrive régulièrement avec lui ! Je trouve ça assez incroyable.

Sinon ma réflexion personnelle sur le genre vient du fait que plusieurs personnes m'ont dit (en général sans animosité mais avec beaucoup de sexisme) que j'étais "bizarre pour une fille",
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D'un point de vue théorique, j'ai tendance à comprendre les arguments des féministes radicales du moment qui sont contre l'utilisation du genre comme catégorie politique, enfin qui voudraient l'abolir. Mais c'est justement parce que le genre n'est pas très important pour moi, je ne ressens pas le besoin de me conformer à un genre. Je me conforme vaguement à celui qu'on m'a assigné pour l'apparence parce que ... ça ne me "dérange" pas en gros.
Donc je pense que ces féministes ont un point de vue tronqué et une mauvaise compréhension de la transidentité. Certaines disent "on ne peut pas naître dans le mauvais corps, c'est la société qui nous le fait croire, il faut juste abolir le genre" (bon déjà, bonne chance). Donc elles ont une vision 100% sociale du genre, comme si la biologie n'avait rien à voir là-dedans. Je ne vois pas comment elles peuvent conclure ça car a priori, c'est faux. La dysphorie de genre est bien définie et il me semble que des racines biologiques tendent à être découvertes. Donc invalider cette identité sous prétexte qu'on pense que le genre n'est qu'un amas de clichés sexiste, et le résultat unique d'une construction sociale, c'est un problème si on n'a pas d'arguments scientifiques pour le justifier.

Par contre je ne sais que penser de l'invention de "nouveaux genres". Enfin pour moi ça n'a trop pas de sens, ça me donne l'impression d'une confusion entre la personnalité et le genre, qui je trouve pose problème.
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Armus

Je ne suis pas sûr que les "nouveaux genres" soient une confusion entre la personnalité et le genre...  A mes yeux ce sont plus des identités floues sans réelles mots pour les définir, du coup on en invente et c'est pas très grave. Si je prends a-genre, genderfluid, etc... ça reste des définitions de l'identité profonde de la personne qui méritent d'être reconnu en tant que tel. 
Après oui malheureusement dans le discours de ces personnes on retrouve souvent des phrases du style "je préférais les jeux de garçons/de fille" "j'étais un garçon manqué" ou bien "j'ai des passe temps plus orientés masculins ou féminins" "je n'aime pas mon corps tel qu'il est" (sans parler de dyspho dans ce cas) etc... Donc on reste sur des stéréotypes de genre liés de base à la personnalité mais je pense que c'est des façons pour elleux de se conforter dans leur identité de genre, pas forcément très pertinent mais nécessaire à leur cheminement perso. (sachant que les personnes trans binaires ont les mêmes réflexions haha)
je suis d'Ailleurs.
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Asphodel

C'est un peu compliqué d'expliquer la non-binarité à qui ne la vit pas et je pense que c'est également pour cette raison (du moins, en partie) que beaucoup se sentent obligé·e·s d'aller chercher du côté des stéréotypes de genre pour étayer leurs discours, lui donner plus de poids, acquérir une certaine légitimité aux yeux des personnes cis. Pour ma part, je pense que si on ne passait pas notre temps à remettre en question la façon dont chacun·e se définit (en sachant que, spoiler alert : lea mieux placé·e pour le faire... bah c'est nous), s'il n'y avait pas cette injonction à se justifier, il y aurait peut-être déjà un besoin moins fort d'y avoir recours. Si les personnes NB expliquent que c'est surtout un ressenti viscéral, on va leur sortir que "ah bah c'est pas un argument ça, du coup ça n'existe pas, gnagnagna" ; mais si elles s'appuient sur des exemples plus concrets pour vulgariser leur pensée (que je ne trouve pas spécialement adroits en effet, mais bon), on va leur répondre que "ah oui mais tu discrédites ta cause, en fait ça n'existe pas, gnagnagna". Que faut-il faire alors ? Se nier et se faire passer pour une personne binaire jusqu'à sa mort parce que ça fait moins désordre ? :dunno: 
(Je trouve le ton de mon message un peu sec alors que ce n'est pas mon intention, je n'arrive pas à le reformuler correctement.)

J'ai les étiquettes en horreur et je ne sais pas si ce serait vraiment nécessaire de créer de "nouveaux mots" (pour des genres qui, en fait, existent depuis longtemps) dans un monde idéal où on n'aurait pas constamment ce besoin de tout catégoriser ou binariser. Mais on ne vit pas dans ce genre de monde. Personnellement, le terme "genderfluid" me fait du bien surtout parce qu'il permet de poser un mot sur mon parcours, comprendre certaines choses a posteriori, moins me sentir comme une monstruosité ou un cas isolé ; mais en soi, ça n'a pas révolutionné ma vie/ma personnalité/mes goûts. En revanche, je pense que certaines personnes moins indifférentes à l'image qu'elles peuvent renvoyer se sentent parfois tenues de le faire pour être "validées" ou "normalisées" ; et ce sont pas elles qui sont à blâmer. Dans tous les cas, c'est bien qu'un tel sujet soit enfin abordé aujourd'hui, les jeunes n'auront pas besoin d'attendre 30 ans pour arrêter de porter une honte inutile. Fatalement, ça prend de plus en plus des allures d'effet de mode, on colle le terme un peu partout jusqu'à saturation dans des contextes plus ou moins pertinents (oui, c'est soûlant de voir poper des pubs pour des marques de "vêtements genderfluid" ou d'entendre que tel YouTubeur est NB parce que "Machin ose mettre du vernis, han le truc de fou"), mais l'aide que ça apporte à certain·e·s ados est inestimable malgré tout.

En fait, j'avoue que je n'arrive pas à comprendre la résistance à l'émergence de "nouveaux" (non) genres, les crispations autour de ça et les débats incessants sur la transidentité/la non-binarité. Reconnaître que sa réalité n'est pas la seule existante n'enlève rien à personne et ne revient pas à nier l'existence des personnes cis (qui sont très largement majoritaires, donc ça n'aurait en plus aucune espèce d'intérêt) (et puis c'est chouette si la plupart des gens se sentent en accord avec leur genre assigné) ni à la menacer, ni à bloquer les combats à mener contre le patriarcat. Je trouve ça un peu lassant à la longue.

---

Concernant les débats sur l'abolition du genre, ça me laisse toujours un peu perplexe. De mon côté, je n'aime pas résumer qui que ce soit à son sexe/genre, mais ça me semble plus difficile à l'échelle d'une société. J'y vois surtout une confusion entre identité de genre (= ce machin complexe et possiblement fluctuant tout au long de la vie, composante d'un individu mais investie différemment selon chacun) et stéréotypes de genre (= construction sociale qui craint). 
"Normal is an illusion. What is normal for the spider is chaos for the fly."

(Anciennement Serena Snape sur Rockie.)
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Armus

Ah oui je viens de voir que le message de@Zébule était plus récent que je pensais, je lui ai répondu parce que je croyais que personne n'avait dit quelque chose en ce sens depuis le mois dernier mais il est vrai que je suis pas le mieux placé pour parler de la non-binarité, je suis désolé ^^'
je suis d'Ailleurs.
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Asphodel

Concernant JK Rowling (puisque tu l'as mentionnée @Zébule) :
HS JKR
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@Armus ne le sois pas :clin: Je rebondissais simplement sur ton intervention (intéressante, d'ailleurs).
"Normal is an illusion. What is normal for the spider is chaos for the fly."

(Anciennement Serena Snape sur Rockie.)
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Zébule

@Asphodel oui j'étais bien au courant des différentes prises de position de JK Rowling et j'ai lu son essai sur son site, j'ai aussi regardé des critiques et des soutiens par des personnes trans sur youtube, du coup je sais surtout que le débat est complexe ! Mais j'ai bien les différents arguments en tête.
J'avais trouvé beaucoup de défauts méthodologiques dans son essai et donc des conclusions à côté de la plaque, mais le même problème dans toutes les réponses qu'il a reçues  :cretin:
Donc ma conclusion est restée non tranchée !

Ma position sur les "nouveaux" genres ne touchait pas du tout à la non-binarité, qui se définit très bien, mais à des genres qui ne font pas référence au sexe (ou en tout cas pas que). D'où pour moi une confusion avec la personnalité, dans laquelle on peut inclure le genre, mais pas l'inverse (heureusement). Je sais pas si c'est clair !
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Asphodel

@Zébule en effet, c'est plus clair. Ton post et celui d'@Armus ont fusionné dans mon esprit (+ le fait qu'on voit parfois la non-binarité qualifiée d'invention de nouveaux genres), donc je pensais que c'était à ça que tu faisais référence. Merci pour la clarification, du coup.
"Normal is an illusion. What is normal for the spider is chaos for the fly."

(Anciennement Serena Snape sur Rockie.)
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Zébule

@Asphodel en fait je n'y avais pas pensé en écrivant mon message c'est les vôtres qui m'ont fait réaliser la possible confusion !
De toute façon je ne vois pas comment quelqu'un pourrait accepter l'existence de la transidentité (car c'est souvent ce que disent ces féministes : je ne suis pas transphobe car) et pas celle de la non-binarité parce qu'il n'y a pas d'argument qui tienne pour dire que l'un existerait et l'autre pas  :hesite:
Donc c'est vrai que de ce point de vue ça revient à de la transphobie.

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Sinon ça me fait penser que j'avais regardé des vidéos de Psykocouac sur la construction du genre que j'avais trouvé vraiment top. D'ailleurs c'est ce qui m'avait permis de mettre le doigt sur l'existence d'un rapport plus ou moins fort des individus au genre, et qu'en gros on peut se sentir "pas très concerné.e" par le genre sans se sentir "agenre". Depuis je vois le rapport au genre dans deux dimensions : où tu te situes entre les deux genres et à quel point ça a une importance pour toi.
https://www.youtube.com/watch?v=Qv7AWC-2qow

Par contre j'avoue que j'ai tendance à me représenter le genre comme le "sexe du cerveau" et c'est sûrement assez simpliste.
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Armus

@Zébule Ah moi j'avoue que je n'avais pas du tout compris ton post du coup x)
Merci pour la vidéo !
J'ai toujours considéré le genre comme la base de l'identité profonde mais j'avoue que plus j'avance dans mes réflexions et ma vie personnelle plus je vois ça comme une construction purement égotique sans importance.
 
je suis d'Ailleurs.
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Asphodel

C'est marrant, mais pour ma part j'ai un cheminement un peu inverse.

J'avais tendance à considérer le genre comme quelque chose d'inutile (c'était aussi plus pratique pour me voiler la face, sans doute). Ou du moins comme une entrave au développement individuel, puisque fatalement accompagné de stéréotypes genrés ou de notions telles que la masculinité et la féminité que je trouve péjoratives/absolument toxiques. Je ne suis pas pour l'abolition du genre à l'échelle d'une société et j'ai l'impression que ça pourrait être instrumentalisé pour invisibiliser certaines luttes ; mais je ne voyais pas ce que ça pouvait bien avoir d'intéressant à l'échelle individuelle. D'un autre côté, j'ai eu un rejet de mon genre assigné très jeune et ces questionnements ont fini par réapparaître alors que ça faisait 15 ans que je me résignais à être une femme cis (parce que plus simple, "c'est la réalité biologique" ou encore "quelle différence le genre fait-il ?"). Mais j'ai réalisé que ça en faisait apparemment une pour moi, puisque je m'y sentais à l'étroit et que je le vivais de plus en plus mal, comme un mensonge. Donc j'ai tendance actuellement à considérer le genre comme une base de l'identité, mais en réalité ça ne s'appuie en partie que sur mon expérience personnelle et je ne sais pas si c'est très recevable.

Qu'est-ce que le genre, du coup ? J'y avais déjà répondu sur un autre topic ici. Pour moi, ce n'est pas plus lié à nos organes génitaux qu'à nos centres d'intérêt, nos goûts ou notre expression de genre (longueur des cheveux, vêtements, pronoms, whatever). Je pense de plus en plus que c'est avant tout une question d'identification, un sentiment d'appartenance très personnels. Avec une part de viscéral. A partir de là, on l'investit avec plus ou moins d'intensité selon notre personnalité, nos besoins, notre fibre militante (ou pas), etc.

Je trouve cette question vraiment intéressante. Et complexe !
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(Anciennement Serena Snape sur Rockie.)
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Significant Otter
Pronoms : iel/il

@Zébule Je ne sais pas de quels genres « nouveaux » tu parles (les xénogenres (=qui s’attachent à des concepts en-dehors du genre pour se définir)? Des genres un peu obscurs mais toujours liés au concept de genre binaire ?

Si ça peut t’éclairer, je me suis successivement identifié comme :
- demigirl (= je m’identifiais à la féminité mais pas au genre « femme », c’était lié non pas à mon expression de genre mais à des choses plus profondes, comme le fait que je n’étais pas une femme mais je m’identifiais quand même comme « lesbienne »)
- neutrois (= mon genre est en-dehors de la binarité, mais contrairement à une personne agenre, je me positionne quand même sur l’échiquier du genre)
- maverique (= un terme qui correspondait plus à mon ressenti que neutrois car mon genre n’était pas « neutre » mais résolument en dehors du spectre binaire)
- maverique et juxera (en même temps ou alternativement) (juxera étant proche de demi-girl mais je préférais l’idée d’être sur un autre plan par rapport au féminin plutôt que d’être « à moitié » quelque chose)

Tu remarqueras que, si certains de ces changements sont dus à une modification de ma perception de mon genre, c’est aussi beaucoup une question de sémantiques qui a motivé mes changements d’étiquette, parce que je ressentais le besoin de définir précisément où je me situais par rapport à mon genre. Pour moi ça a toujours été des mots en lien plus ou moins étroit par rapport aux genres binaires (soit parce que je me rapprochais de l’un d’eux, soit au contraire parce que je m’éloignais des deux), mais je comprends aussi les gens qui ne trouvent que des métaphores pour parler de leurs genre (un genre en rapport avec les étoiles par exemple). C’est aussi un moyen de se détacher d’une binarité qui nous opprime.

À savoir aussi que souvent, ces identifications sont très peu utilisées en société (je ne me suis jamais présenté comme maverique-juxera à des inconnus, et la plupart des gens utilisent IPL des façons plus faciles a comprendre, parce que ben sinon au mieux on se fout de notre gueule quoi…)

A présent je me définis comme nonbi, mec trans non-binaire, personne trans masculine ou personne agenre, mais ça a beaucoup moins d’importance pour moi que ça a pu en avoir par le passé. Mais tous ces mots font partie de mon histoire et leur découverte a toujours été une révélation au moment où je me les suis appropriés. Pour rejoindre votre discussion sur genre et identité, mon genre est toujours un des fondements de mon identité, même si la façon de le nommer est moins importante. Me faire genrer au féminin est toujours douloureux, être assimilé à un homme est toujours légèrement bizarre ; ma nonbinarité est toujours au centre de mes interactions avec les autres meme avec ceux auprès de qui je ne suis pas out (ou seulement our comme mec trans). C’est un peu une vie de fildeferiste, de masculiniser au max mon apparence pour garantir d’avoir du « monsieur », tout en prenant garde à ne pas étouffer la part de moi qui ne voudra jamais être un mec…
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Clémenti!ne
Bébétincelle
Bébétincelle

Bonjour,
Une section "développement personnel" a été créée dans la salle de bain, pensez-vous que ce sujet y aurait sa place ? On peut le mettre n'importe où ailleurs si une autre place vous parait judicieuse...vous me dites !
Bonne journée  :happy:
« Ils sont où les semi-croustillants ? Ils sont souus la Bretagne ! »
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