@Oiselle

Dans ton premier paragraphe, ta volonté est claire et tu parles de ce troisième enfant au futur et non pas au conditionnel ; et dans le second paragraphe tu parles comme s’il était clair et net que ça ne se produira pas. C’est hyper touchant, je suppose que ça reflète l’ambivalence de ton ressenti. Ça n’est vraiment pas facile à vivre, surtout quand on sait que ça tient à une simple décision qu’il suffit de prendre, on ne peut pas s’en remettre au destin alors que ce serait parfois plus facile émotionnellement parlant.
Je reconnais ÉNORMÉMENT la moi d’il y a 2-3 ans dans ton message. À la fois dans les grandes lignes mais aussi dans les détails ! J’avais 35 ans, deux enfants avec une ainée dont le handicap prend une place énorme dans le quotidien, avec un fort impact sur ma santé mentale (et celle de toute la famille). Je commençais les antidépresseurs (reconnaissance éternelle à ces petits cachets que j’ai pourtant tant tarder à prendre).
Avec mon conjoint, on s’était toujours projeté avec 3 enfants. Sauf que quelques mois après la naissance de la deuxième, il m’a dit l’air de rien : « pfiou, en tous les cas, moi, je conçois plus du tout d’en avoir encore un. Franchement c’est assez dur comme ça. » Ca m’a fait un coup de massue parce que comme toi, j’avais pas du tout vécu la deuxième grossesse comme la dernière. Je l’ai pris un peu comme une sorte de trahison, même si évidemment je préférais qu’il soit sincère quitte à être déçue.
Seulement mon envie de troisième n’est pas passée. Le sentiment d’inachevé, comme tu le dis. Et il y a deux ans donc, alors qu’on traversait une passe hyper compliquée avec l’ainée et le quotidien en règle générale (aucun relais, boulot très difficile et prenant de son côté, déménagement épique avec beaucoup de choses à ré-organiser, dépression pour moi…), je suis tombée enceinte par accident. C’était IMPOSSIBLE. On était tous les deux d’accord qu’il fallait avorter, mais bon sang… je l’ai fait dans les larmes. Ne pas faire ce troisième enfant que je désirais, c’était déjà difficile, mais le « supprimer » alors qu’il était là, dans mon ventre, bonjour l’épreuve. Heureusement que j’étais sous antidépresseurs et anxiolytiques, je pense que sinon j’aurais implosé.
Je mets la suite sous spoiler parce qu’il se trouve que plus tard, nous avons eu ce troisième bébé, je ne sais pas si tu as envie de lire ça.
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Je te souhaite bon courage en tout cas pour trouver la voie qui va t’apaiser et te permettre de te sentir alignée.
