Interrogation sur le désir d'enfant

Répondre
Avatar du membre
LouNa_
Pronoms : elle

Hello  :puppyeyes:

Je débarque sur le forum et ce topic, j'ai 31 ans, en couple depuis environ 1 an.
Depuis toujours j'étais persuadée de ne pas vouloir d'enfants, leur présence me mettait mal à l'aise, je n'osais pas les toucher de peur de les casser, et puis l'évolution du monde vers toujours plus de capitalisme, les catastrophes naturelles qui augmentent ... ne me donnait pas envie d' "imposer" ce monde à un enfant.
Mais depuis quelques temps mon horloge biologique s'est comme réveillée, ça me prend en quelques sorte "aux tripes", je me surprend à regarder beaucoup de vidéos sur la grossesse, me renseigner sur la parentalité, mes verrous sautent les uns après les autres.
Mes amies deviennent petit à petit mamans, ce qui doit jouer aussi et me frustre également, je me surprend à me sentir un peu envieuse lorsque j'apprend des grossesses dans mon entourage proche ou même plus éloigné :erf:  je m'en veux de ressentir ça car leur grossesse ne m'enlève rien et de toute façon objectivement ce n'est absolument pas le moment pour moi de tomber enceinte.
Avec mon copain nous avons déjà abordé le sujet, il ne sait pas vraiment s'il voudra ou non des enfants quand nous serons dans une situation qui le permet mais il n'est pas complètement fermé à la question.

Est-ce que certaines d'entre vous on ressenti ce réveil de l'horloge biologique d'un coup sans prévenir ? 
Je me demande aussi si ce n'est pas lié à ma situation contraceptive et donc hormonal : j'ai dù stopper toute contraception (retour au préservatif) car après avoir tout testé rien ne me convient.
Avatar du membre
Epineuse

@LouNa_ bienvenue ici ! :cupidon:

Perso j’ai du mal à croire à l’horloge biologique, j’ai dans l’idée (partagée par pas mal de féministes ou sociologues) que c’est une construction sociale au même titre que l’instinct maternel !
On peut, je pense, tout à fait voir cette envie arriver sans qu’il ne soit question d’un quelconque compte à rebours, urgence ou moment opportun (même si, évidemment, c’est un point qui reste en tête, car nous sommes élevées la dedans). D’ailleurs, si ça avait du jouer, notre pic de fertilité est bien plus tôt, donc on aurait probablement toutes envies d’avoir des enfants jeunes !

Plus que ça, c’est peut-être ta situation personnelle (en couple, heureuse, avec quelqu’un avec qui tu peux partager ces questionnements) qui peut faire émerger cette envie !

J’aime beaucoup ton idée des verrous, je l’ai vécu aussi comme ça, même si j’ai visualisé ça comme une porte qui tout à coup peut s’ouvrir. J’ai le choix entre la laisser entrouverte, y pénétrer avec peur et / ou enthousiasme ou la refermer. Mais cette porte a longtemps été scellée, et je n’ai jamais envisagé qu’elle puisse s’ouvrir jusqu’à un certain moment :3 comme toi, donc !

Après, concernant la contraception, ça peut jouer oui ! On est plus à même de ressentir les variations hormonales, donc possiblement des engouements plus fort, des émotions parfois plus intenses en fonction du cycle. Mais si tu as envie d’un enfant, que tu t’intéresse à ces questions, c’est pas toujours nécessaire d’y trouver des raisons logiques (sauf si ça t’aide à y voir plus clair, évidemment :fleur: ). J’espère que tu pourras réussir à démêler tout ça et trouver ce dont tu auras envie, maintenant ou dans un futur plus lointain :rockon:

Bon courage à toi !
Avatar du membre
Arya_13

J'aime aussi bcp l'idée de la porte! Pour moi elle est restée entrouverte longtemps sans que j'y pense, puis j'y pensais de plus en plus et j'avais l'impression que je devrais un jour entrer mais ça m'angoissait de plus en plus. La decision de la fermer m'a apporté bcp de sérénité :)
(Désolée @LouNa_ , ça ne t'aide pas du tout vu que j'ai fait mes reflexions dans le sens inverse : j'ai tjs pensé que je voudrais des enfants plus tard et finalement j'ai décidé de rester childfree)
Mais dans une autre vie j'aurais probablement pu être heureuse en décidant de pousser la porte. Et c'est ok :)
Avatar du membre
Arya_13

@Indiana c'est très bien comme ça, si la porte commence à te déranger ce sera le moment de décider ! Moi ça a été effectivement vers 30 ans (j'en ai 34 mtnt), et avoir un conjoint absolument childfree a évidemment joué dans la decision :)
Avatar du membre
Kettricken

Epineuse a écrit : 04 janv. 2024, 19:20 Perso j’ai du mal à croire à l’horloge biologique, j’ai dans l’idée (partagée par pas mal de féministes ou sociologues) que c’est une construction sociale au même titre que l’instinct maternel !
Je me permets de rebondir là-dessus parce que j'ai une expérience qui va à l'opposé de ça. Ca n'était pas un réveil de l'horloge biologique dans le sens "ohlala attention, bientôt je n'aurais plus le temps", mais j'ai eu une phase de 6 mois où mes hormones m'ont hurlé sans raison et contre mon cerveau qu'elles voulaient un bébé.
Pour une mise en contexte, j'avais 27 ans, j'étais CF depuis toujours, je ne prenais pas la pilule depuis des années, et j'étais célibataire aussi depuis des années. Y avait donc 0 raison à ce déferlement soudain de mes hormones. Et rationnellement, je ne voulais toujours pas d'enfant. Mes hormones criaient "bébéééé!" et mon cerveau répondait "non mais ça va pas à la tête, on ne veut pas d'enfant!!"
Puis c'est passé après quelques mois. 
Mais ça a été si fort que je suis passée de CF à fencesitter. Enfin je ne voulais toujours pas de bébé mais ça a ébranlé mes convictions d'être totalement sûre de moi. Je me suis dit qu'il ne fallait peut-être pas dire "jamais". 

@LouNa_ 3 ans plus tard, j'ai rencontré mon compagnon. Et après quelques années de couple, j'ai ressenti une envie d'enfant. Mais ça n'était plus du tout hormonal, c'était clairement une décision prise après y avoir beaucoup beaucoup réfléchi
Si j'avais été en couple à l'époque de ma vague hormonale, je ne sais pas ce que j'aurais fait
"What was lost in the collapse ? Almost everything, almost everyone. But there is still such beauty" (Station Eleven)
"Hate is always foolish, love is always wise" (the Doctor)
 
Avatar du membre
Kettricken

@Patagon J'ai changé d'avis à 32 ans. Et dans mon cas, ce qui a joué (passé la vague hormonale de mes 27 ans), c'est d'une part parce que j'étais enfin dans un couple profondément heureux (et que ça a changé ma vision de la famille) et d'autre part parce qu'une de mes objections contre le fait d'avoir un enfant était que c'était une décision trop définitive. Sauf que j'ai fini par réaliser que dans qlq années, ne pas en avoir serait aussi une décision définiive.
Donc ça faisait sauter un de mes gros arguments contre
Peut-être que c'est pas rare de se dire "jamais" alors que notre vrai ressenti est "hors de question pour le moment"  :hesite:
"What was lost in the collapse ? Almost everything, almost everyone. But there is still such beauty" (Station Eleven)
"Hate is always foolish, love is always wise" (the Doctor)
 
Avatar du membre
Compote

Bon @Patagon à défaut de rédiger mon bilan 2023, tu as résumé à quelques détails près l'état de ma réflexion sur les bébés :lol:

Je viendrai + détailler quand j'aurai le temps mais en tout cas pour cette histoire d'hormones j'ai tendance à être mitigée également (du moins en ce qui me concerne), j'ai largement dépassé les 30 ans, je n'ai jamais pris de contraception et je n'ai jamais eu l'impression que mes entrailles réclamaient une fécondation (désolée c'est très moche dit comme ça :yawn: ).
Avatar du membre
A Kane

@Compote  perso mes ovaires se tiennent plutôt tranquille au quotidien.. sauf quand je suis au travail et que je vois tous les bébés autour  :yawn:  Mais je pense que si je ne bossais pas en maternité, je n'y serais pas confrontée, et je ne ressentirais pas ce truc de mon corps (?mon coeur) qui réclame d'en avoir un aussi. 

Au final moi j'avais conclu il y a un moment que je suis plutôt du côté "je veux un enfant" de la barrière il y a environ un an et demi, parce que je suis extrêmement curieuse de la relation privilégiée que ça doit être et de toutes les émotions par lesquelles ça doit faire passer (ma relation avec mon mec étant déjà un des trucs les plus chouettes de ma vie). Mon copain n'était pas trop sûr parce qu'il ne s'était jamais concrètement posé la question, mais là ça fait aussi un moment qu'il se dit qu'à choisir, il préfèrerait plutôt avoir des enfants que ne pas en avoir. Ce qui l'a aidé à faire le point, c'est le bouquin The baby decision (dont il me semble que j'avais entendu parler sur ce topic?), qui ne part pas du principe qu'avoir des enfants c'est mieux qu'être childfree (et vice-versa) mais surtout que c'est important que ça provienne d'une décision active dans les deux cas. Il y a des petits exercices à faire dedans et tout, et c'était intéressant d'explorer le sujet à travers ce qu'elle propose! 

Mais bon autant d'un côté là on a décidé qu'on allait essayer d'en avoir (une fois qu'on sera rentré plus près de nos familles), autant il y a une partie de moi qui n'a pas réalisé j'ai l'impression, du genre j'ai du mal à visualiser, je ne sais pas si c'est normal? (j'ai toujours une petite voix qui demande si ça ne veut pas dire qu'en fait je suis sur le point de faire un truc que je ne veux pas profondément faire? mais en même temps j'ai beaucoup de petites voix qui se mêlent de ce qui les regarde pas..)
How do you want to do this?
Avatar du membre
Gingerbraid

C'est super intéressant de vous lire !
Seuls les utilisateurs enregistrés peuvent voir ce contenu.
Avatar du membre
Kettricken

@Gingerbraid tu sais pourquoi tu préférerais faire un enfant toute seule ?
Perso, mon expérience avec un enfant un peu "demandant" que j ai dû gérer seule pendant une année à cause de soucis de santé de mon compagnon, je considère qu'il faut vraiment que ça soit le projet d'une vie pour choisir d'élèver seul un enfant.
Bon de nouveau, mon fils n'est pas l'enfant le + autonome, mais même avec un enfant facile, c'est du non stop un enfant en bas âge
Au moins quand on est deux parents, y a moyen de garder une vie sociale :un des deux sort pendant que l'autre gère l'enfant. Bon c'est faisable aussi avec des grands parents proches et investis. Mais sinon...
Avant d'avoir un enfant je pensais que c'était facile de faire appel à des baby-sitters mais au final, c'est seulement maintenant à 5 ans que je commence à y penser
"What was lost in the collapse ? Almost everything, almost everyone. But there is still such beauty" (Station Eleven)
"Hate is always foolish, love is always wise" (the Doctor)
 
Avatar du membre
Compote

Bon il y a du nouveau depuis tout-à-l 'heure  :lol:
Seuls les utilisateurs enregistrés peuvent voir ce contenu.


Je m'arrête là mais en fait je m'aperçois que j'ai encore plein de choses à dire.  :lol:
Avatar du membre
Gingerbraid

@Kettricken
Seuls les utilisateurs enregistrés peuvent voir ce contenu.


@Compote
Seuls les utilisateurs enregistrés peuvent voir ce contenu.
Avatar du membre
Epineuse

Pour moi, plus qu’une impression d’horloge biologique ou réveil hormonal, c’est effectivement les exemples d’une parentalité enthousiaste qui m’ont montré qu’il était possible d’avoir un enfant dans un schéma qui me correspondait davantage. Plutôt que des exemples d’une génération plus âgée dans laquelle je ne me reconnaissais pas du tout, et qui m’a pas mal dégoûtée a l’époque. C’est dur à dire comme ça mais je sais précisément à cause de qui j’ai refusé pendant longtemps d’en vouloir, sans l’avoir conscientisé à l’époque, et c’est une fois que je me suis affranchie de leur influence et modèle, grâce à des amies devenus parents par exemple, que j’ai pu me dire « oh. Wow, ok, il y a plusieurs manières d’avoir et d’élever un enfant ».

Mais je dis ça alors que ça a été très douloureux pour moi et pour mon couple de faire face à ce changement pour moi.

Genre la colère dont tu parles @Compote je l’ai ressenti tellement longtemps et tellement fort à de nombreuses reprises face à mes amies qui ont changé d’avis, ou qui m’annonçaient leur grossesse. C’est vraiment une situation très désagréable (donc soutien à toi).

Seuls les utilisateurs enregistrés peuvent voir ce contenu.
Avatar du membre
LouNa_
Pronoms : elle

Déjà merci à toustes, ça m'apporte beaucoup  :puppyeyes:
Seuls les utilisateurs enregistrés peuvent voir ce contenu.
 
Avatar du membre
Compote

@Patagon
Seuls les utilisateurs enregistrés peuvent voir ce contenu.


@Gingerbraid
Seuls les utilisateurs enregistrés peuvent voir ce contenu.
Avatar du membre
Gingerbraid

@Compote
Seuls les utilisateurs enregistrés peuvent voir ce contenu.
Avatar du membre
Kettricken

@Gingerbraid @Compote 
C'est une vraie question, le fait d'accepter que son enfant va souffrir. Plus ou moins souffrir selon la vie qu'il aura, mais il souffrira d'office. Et c'est limite un positionnement philosophique de savoir si on prend la responsabilité de faire vivre ça à quelqu'un.
J'en avais parlé à ma plus ancienne amie, qui a un positionnement opposé au mien. Pour elle, donner la vie, c'est donner la mort. Et le fait que la vie comporte nécessairement de la souffrance et des deuils suffisait à lui faire dire que jamais elle n'aurait d'enfant (elle en a eu un finalement mais c'est une histoire compliquée). 
Alors que moi, clairement, j'aime la vie. Ou plutôt, je suis émerveillée par la Vie. Bien sûr qu'elle vient avec son lot de souffrance, j'en ai vécu mon compte (mais contrairement à mon amie, j'ai eu une enfance relativement épargnée de gros malheurs). Mais en soi, la vie me semble stupéfiante. 
C'est la seule aventure à vivre et je n'arrive pas à ne pas le voir comme un cadeau. Je suis malade d'imaginer que l'Univers continuera sans moi tellement je voudrais continuer à découvrir ce qui va arriver  :shifty:
Je ne peux pas savoir si mon fils verra les choses comme moi une fois à l'âge adulte. Mais comme beaucoup de choses dans la parentalité, c'est un leap of faith.
Et mon amie et moi étions d'accord pour dire que aucune de nos deux positions n'étaient vraies. Elle pensait que donner la vie c'était donner la mort mais elle ne pensait pas que j'avais tort ou que j'étais égoïste de vouloir mettre au monde un enfant. Ce sont des ressentis trop intimes que pour les juger

Quant à savoir si mon enfant vivra un drame spécifique... ça m'empêche de dormir parfois. La parentalité a beaucoup renforcé mon côté anxieux.
Mais j'essaie aussi de me rappeler que sa vie ne m'appartient pas, que je ne peux pas la controler et que tout ce que je peux faire, c'est être là pour lui quoiqu'il arrive. 
Les bras ouverts : pour qu'il s'y réfugie s'il en a besoin, mais aussi ouvert pour le laisser partir si il veut s'envoler
"What was lost in the collapse ? Almost everything, almost everyone. But there is still such beauty" (Station Eleven)
"Hate is always foolish, love is always wise" (the Doctor)
 
Avatar du membre
Earl
Bébétincelle
Bébétincelle

@Compote
Seuls les utilisateurs enregistrés peuvent voir ce contenu.
Triple BUSES niveau 14
Avatar du membre
Epineuse

Je reviens ici parce que le discours de Macron a éveillé des choses pas cool.

Seuls les utilisateurs enregistrés peuvent voir ce contenu.
Avatar du membre
Epineuse

@Magda non, je ne regrette plus d’être née (ce qui influence mon envie d’avoir un enfant) MAIS si j’ai un enfant il n’aura pas du tout l’enfance que j’ai eu.
Une enfance avec des parents insouciants sur l’avenir et la politique. Une enfance avec peu de soucis d’argent, avec une vie tout à fait normale, avec accès aux soins et l’école des années 90 (qui avait des soucis mais moins qu’aujourd’hui).
Non, moi si je décide d’avoir un enfant, je lui offre (a l’instant T, ça peut évoluer en pire, ou en mieux) une vie dans une France compliquée (les relents fascistes ne sont plus vraiment que des relents), un accès aux soins compliqués, des parents pauvres et en marge, une vie très différente de celle que j’ai eu quoi.

Donc ça peut être une chance mais ça ne m’appartient pas entièrement. Ça va dépendre de si mon pays reste ou non vivable, si on m’aide un minimum, si on ne laisse pas les gens mourir, s’il n’y a pas une ségrégation en fonction des idées et des modes de vie.

Donc j’aimerai vraiment ne pas me poser de questions, et je sais que faire un enfant c’est lâcher prise sur plein de choses, mais là, c’est un peu compliqué à mettre en place.
Répondre