Interrogation sur le désir d'enfant

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Arya_13

@Indiana c'est très bien comme ça, si la porte commence à te déranger ce sera le moment de décider ! Moi ça a été effectivement vers 30 ans (j'en ai 34 mtnt), et avoir un conjoint absolument childfree a évidemment joué dans la decision :)
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Kettricken

Epineuse a écrit : 04 janv. 2024, 19:20 Perso j’ai du mal à croire à l’horloge biologique, j’ai dans l’idée (partagée par pas mal de féministes ou sociologues) que c’est une construction sociale au même titre que l’instinct maternel !
Je me permets de rebondir là-dessus parce que j'ai une expérience qui va à l'opposé de ça. Ca n'était pas un réveil de l'horloge biologique dans le sens "ohlala attention, bientôt je n'aurais plus le temps", mais j'ai eu une phase de 6 mois où mes hormones m'ont hurlé sans raison et contre mon cerveau qu'elles voulaient un bébé.
Pour une mise en contexte, j'avais 27 ans, j'étais CF depuis toujours, je ne prenais pas la pilule depuis des années, et j'étais célibataire aussi depuis des années. Y avait donc 0 raison à ce déferlement soudain de mes hormones. Et rationnellement, je ne voulais toujours pas d'enfant. Mes hormones criaient "bébéééé!" et mon cerveau répondait "non mais ça va pas à la tête, on ne veut pas d'enfant!!"
Puis c'est passé après quelques mois. 
Mais ça a été si fort que je suis passée de CF à fencesitter. Enfin je ne voulais toujours pas de bébé mais ça a ébranlé mes convictions d'être totalement sûre de moi. Je me suis dit qu'il ne fallait peut-être pas dire "jamais". 

@LouNa_ 3 ans plus tard, j'ai rencontré mon compagnon. Et après quelques années de couple, j'ai ressenti une envie d'enfant. Mais ça n'était plus du tout hormonal, c'était clairement une décision prise après y avoir beaucoup beaucoup réfléchi
Si j'avais été en couple à l'époque de ma vague hormonale, je ne sais pas ce que j'aurais fait
"What was lost in the collapse ? Almost everything, almost everyone. But there is still such beauty" (Station Eleven)
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Kettricken

@Patagon J'ai changé d'avis à 32 ans. Et dans mon cas, ce qui a joué (passé la vague hormonale de mes 27 ans), c'est d'une part parce que j'étais enfin dans un couple profondément heureux (et que ça a changé ma vision de la famille) et d'autre part parce qu'une de mes objections contre le fait d'avoir un enfant était que c'était une décision trop définitive. Sauf que j'ai fini par réaliser que dans qlq années, ne pas en avoir serait aussi une décision définiive.
Donc ça faisait sauter un de mes gros arguments contre
Peut-être que c'est pas rare de se dire "jamais" alors que notre vrai ressenti est "hors de question pour le moment"  :hesite:
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Compote

Bon @Patagon à défaut de rédiger mon bilan 2023, tu as résumé à quelques détails près l'état de ma réflexion sur les bébés :lol:

Je viendrai + détailler quand j'aurai le temps mais en tout cas pour cette histoire d'hormones j'ai tendance à être mitigée également (du moins en ce qui me concerne), j'ai largement dépassé les 30 ans, je n'ai jamais pris de contraception et je n'ai jamais eu l'impression que mes entrailles réclamaient une fécondation (désolée c'est très moche dit comme ça :yawn: ).
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A Kane

@Compote  perso mes ovaires se tiennent plutôt tranquille au quotidien.. sauf quand je suis au travail et que je vois tous les bébés autour  :yawn:  Mais je pense que si je ne bossais pas en maternité, je n'y serais pas confrontée, et je ne ressentirais pas ce truc de mon corps (?mon coeur) qui réclame d'en avoir un aussi. 

Au final moi j'avais conclu il y a un moment que je suis plutôt du côté "je veux un enfant" de la barrière il y a environ un an et demi, parce que je suis extrêmement curieuse de la relation privilégiée que ça doit être et de toutes les émotions par lesquelles ça doit faire passer (ma relation avec mon mec étant déjà un des trucs les plus chouettes de ma vie). Mon copain n'était pas trop sûr parce qu'il ne s'était jamais concrètement posé la question, mais là ça fait aussi un moment qu'il se dit qu'à choisir, il préfèrerait plutôt avoir des enfants que ne pas en avoir. Ce qui l'a aidé à faire le point, c'est le bouquin The baby decision (dont il me semble que j'avais entendu parler sur ce topic?), qui ne part pas du principe qu'avoir des enfants c'est mieux qu'être childfree (et vice-versa) mais surtout que c'est important que ça provienne d'une décision active dans les deux cas. Il y a des petits exercices à faire dedans et tout, et c'était intéressant d'explorer le sujet à travers ce qu'elle propose! 

Mais bon autant d'un côté là on a décidé qu'on allait essayer d'en avoir (une fois qu'on sera rentré plus près de nos familles), autant il y a une partie de moi qui n'a pas réalisé j'ai l'impression, du genre j'ai du mal à visualiser, je ne sais pas si c'est normal? (j'ai toujours une petite voix qui demande si ça ne veut pas dire qu'en fait je suis sur le point de faire un truc que je ne veux pas profondément faire? mais en même temps j'ai beaucoup de petites voix qui se mêlent de ce qui les regarde pas..)
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Gingerbraid

C'est super intéressant de vous lire !
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Kettricken

@Gingerbraid tu sais pourquoi tu préférerais faire un enfant toute seule ?
Perso, mon expérience avec un enfant un peu "demandant" que j ai dû gérer seule pendant une année à cause de soucis de santé de mon compagnon, je considère qu'il faut vraiment que ça soit le projet d'une vie pour choisir d'élèver seul un enfant.
Bon de nouveau, mon fils n'est pas l'enfant le + autonome, mais même avec un enfant facile, c'est du non stop un enfant en bas âge
Au moins quand on est deux parents, y a moyen de garder une vie sociale :un des deux sort pendant que l'autre gère l'enfant. Bon c'est faisable aussi avec des grands parents proches et investis. Mais sinon...
Avant d'avoir un enfant je pensais que c'était facile de faire appel à des baby-sitters mais au final, c'est seulement maintenant à 5 ans que je commence à y penser
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Compote

Bon il y a du nouveau depuis tout-à-l 'heure  :lol:
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Je m'arrête là mais en fait je m'aperçois que j'ai encore plein de choses à dire.  :lol:
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Gingerbraid

@Kettricken
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@Compote
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Epineuse

Pour moi, plus qu’une impression d’horloge biologique ou réveil hormonal, c’est effectivement les exemples d’une parentalité enthousiaste qui m’ont montré qu’il était possible d’avoir un enfant dans un schéma qui me correspondait davantage. Plutôt que des exemples d’une génération plus âgée dans laquelle je ne me reconnaissais pas du tout, et qui m’a pas mal dégoûtée a l’époque. C’est dur à dire comme ça mais je sais précisément à cause de qui j’ai refusé pendant longtemps d’en vouloir, sans l’avoir conscientisé à l’époque, et c’est une fois que je me suis affranchie de leur influence et modèle, grâce à des amies devenus parents par exemple, que j’ai pu me dire « oh. Wow, ok, il y a plusieurs manières d’avoir et d’élever un enfant ».

Mais je dis ça alors que ça a été très douloureux pour moi et pour mon couple de faire face à ce changement pour moi.

Genre la colère dont tu parles @Compote je l’ai ressenti tellement longtemps et tellement fort à de nombreuses reprises face à mes amies qui ont changé d’avis, ou qui m’annonçaient leur grossesse. C’est vraiment une situation très désagréable (donc soutien à toi).

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LouNa_
Pronoms : elle

Déjà merci à toustes, ça m'apporte beaucoup  :puppyeyes:
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Compote

@Patagon
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@Gingerbraid
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Gingerbraid

@Compote
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Kettricken

@Gingerbraid @Compote 
C'est une vraie question, le fait d'accepter que son enfant va souffrir. Plus ou moins souffrir selon la vie qu'il aura, mais il souffrira d'office. Et c'est limite un positionnement philosophique de savoir si on prend la responsabilité de faire vivre ça à quelqu'un.
J'en avais parlé à ma plus ancienne amie, qui a un positionnement opposé au mien. Pour elle, donner la vie, c'est donner la mort. Et le fait que la vie comporte nécessairement de la souffrance et des deuils suffisait à lui faire dire que jamais elle n'aurait d'enfant (elle en a eu un finalement mais c'est une histoire compliquée). 
Alors que moi, clairement, j'aime la vie. Ou plutôt, je suis émerveillée par la Vie. Bien sûr qu'elle vient avec son lot de souffrance, j'en ai vécu mon compte (mais contrairement à mon amie, j'ai eu une enfance relativement épargnée de gros malheurs). Mais en soi, la vie me semble stupéfiante. 
C'est la seule aventure à vivre et je n'arrive pas à ne pas le voir comme un cadeau. Je suis malade d'imaginer que l'Univers continuera sans moi tellement je voudrais continuer à découvrir ce qui va arriver  :shifty:
Je ne peux pas savoir si mon fils verra les choses comme moi une fois à l'âge adulte. Mais comme beaucoup de choses dans la parentalité, c'est un leap of faith.
Et mon amie et moi étions d'accord pour dire que aucune de nos deux positions n'étaient vraies. Elle pensait que donner la vie c'était donner la mort mais elle ne pensait pas que j'avais tort ou que j'étais égoïste de vouloir mettre au monde un enfant. Ce sont des ressentis trop intimes que pour les juger

Quant à savoir si mon enfant vivra un drame spécifique... ça m'empêche de dormir parfois. La parentalité a beaucoup renforcé mon côté anxieux.
Mais j'essaie aussi de me rappeler que sa vie ne m'appartient pas, que je ne peux pas la controler et que tout ce que je peux faire, c'est être là pour lui quoiqu'il arrive. 
Les bras ouverts : pour qu'il s'y réfugie s'il en a besoin, mais aussi ouvert pour le laisser partir si il veut s'envoler
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Earl
Bébétincelle
Bébétincelle

@Compote
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Triple BUSES niveau 14
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Epineuse

Je reviens ici parce que le discours de Macron a éveillé des choses pas cool.

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Epineuse

@Magda non, je ne regrette plus d’être née (ce qui influence mon envie d’avoir un enfant) MAIS si j’ai un enfant il n’aura pas du tout l’enfance que j’ai eu.
Une enfance avec des parents insouciants sur l’avenir et la politique. Une enfance avec peu de soucis d’argent, avec une vie tout à fait normale, avec accès aux soins et l’école des années 90 (qui avait des soucis mais moins qu’aujourd’hui).
Non, moi si je décide d’avoir un enfant, je lui offre (a l’instant T, ça peut évoluer en pire, ou en mieux) une vie dans une France compliquée (les relents fascistes ne sont plus vraiment que des relents), un accès aux soins compliqués, des parents pauvres et en marge, une vie très différente de celle que j’ai eu quoi.

Donc ça peut être une chance mais ça ne m’appartient pas entièrement. Ça va dépendre de si mon pays reste ou non vivable, si on m’aide un minimum, si on ne laisse pas les gens mourir, s’il n’y a pas une ségrégation en fonction des idées et des modes de vie.

Donc j’aimerai vraiment ne pas me poser de questions, et je sais que faire un enfant c’est lâcher prise sur plein de choses, mais là, c’est un peu compliqué à mettre en place.
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Epineuse

C’est gentil de vouloir me rassurer @Magda, merci :fleur:

Je vais essayer de faire redescendre la pression mais pfff.
C’est dur.
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Kettricken

@Epineuse Mes parents m'ont eue début des années 80, quand globalement les indicateurs étaient au beau fixe (si on excepte le risque de guerre nucléaire mais je crois que c'était déjà bien moins tendu à l'époque). Je pense qu'ils n'imaginaient pas du tout ce que j'allais vivre, du trou dans la couche d'ozone à l'effondrement écologique, en passant par le sida, le 11/9, les crises économiques...
Et clairement, la situation n'est pas rose ajd. Mais je considère que j'ai pas de boule de cristal pour lire l'avenir. Peut-être que la dureté de la situation actuelle va mener enfin à de vrais changements (et la fin du capitalisme)
Je me souviens m'être dit, quand j'hésitais à avoir un enfant, que si dans 30 ans les choses allaient mieux, je me sentirais bien bête d'avoir renoncé à un enfant pour un futur que je ne connaissais pas.

Nos enfants n'auront pas notre enfance. C'est quelque chose que j'ai encore du mal à accepter par moment. Mais en vrai, mon enfance, mon fils ne la connait pas et s'en fiche un peu. Il est occupé à vivre la sienne. Il aura ses souvenirs émouvants qui ne sont peut-être pas ceux que j'imagine. Il vit sa propre histoire
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Epineuse

@Olympe 
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