@Merlu Ce n'est pas exactement ce que disent les experts du GIEC, et je trouve que ton message relève un peu de la déformation de leur discours. Ils disent effectivement que certaines des conséquences du réchauffement climatique, notamment en ce qui concerne les océans, le pergélisol ou les calottes glaciaires, sont déjà inévitables et qu'on ne pourra plus empêcher un certain niveau de dégradation... Mais d'un autre côté:
- Ils proposent 5 scénarios possibles, avec une énorme différence entre le plus optimiste (+1.4°C par rapport à 1850) et le plus pessimiste (+4.4°C - note: ce n'est pas un scénario "business as usual" mais un scénario d'aggravation). Ces deux scénarios, et tous les intermédiaires, sont envisagés sérieusement par le GIEC parce qu'ils sont
possibles. Et la différence entre les deux est énorme. A titre d'exemple, voici les cartes du monde du nombre de jours par an où il fait plus de 40°, sur la période 2080-2100, sous ces deux scénarios extrêmes:

Les deux images sont des possibilités à ce jour, d'après le GIEC, selon les décisions prises dans les prochaines années. Alors, on veut celle du haut ou celle du bas ? Pareil pour cette figure sur l'augmentation de la fréquence des catastrophes (canicules, inondations, sécheresses...) - je te laisse apprécier la différence de fréquence entre des mondes à +1.5, +2 et +4°C.
- Ils affirment que si les émissions chutent drastiquement, le réchauffement arrêtera rapidement sa folle course - ils ont d'ailleurs plus confiance sur un effet rapide que dans leur rapport précédent.
- ... Et que le réchauffement supplémentaire sera directement corrélé à la quantité de GES émise.
Rappelons également que le discours "C'est foutu" fait partie des
12 arguments de l'inaction climatique dont l'université de Cambridge avait fait la typologie - plus on répand cette idée, plus on encourage l'inertie politique (y compris celle des citoyens), qui est actuellement un aussi gros problème pour le climat, si ce n'est plus, que l'inertie physique (contrairement à une idée reçue, il n'y a pas d'inertie climatique de 40 ou même de 20 ans). Pour terminer sur du "
c'est pas moi qui le dis, c'est le GIEC":
"On ne reviendra pas de
certains changements dans le système climatique. Cependant,
certains changements pourraient être ralentis, et d'autres pourraient être arrêtés, en limitant le réchauffement".
"Pour limiter le réchauffement, des réductions fortes, rapides et durables du CO2, du méthane, et d'autres gaz à effet de serre sont nécessaires.
Non seulement cela réduirait certaines conséquences du réchauffement climatique, mais cela améliorerait aussi la qualité de l'air".