Je pense que ta réaction est humaine, ça ne te rend pas dénuée d'empathie pour autant. On a beau savoir de manière rationnelle qu'il n'y a pas d'échelle des peines. Dans le coeur, la perte d'un enfant fait quand même inévitablement relativiser et mettre à distance tout le reste.
De mon côté, dans ces situations, je ne ressens pas de colère mais je me sens rapidement un peu blasée. J'étais longtemps sur un groupe fb pour passionnés de corgis (ne me jugez pas) et je trouvais aussi souvent que ça partait trop loin dès qu'un chien passait l'arme à gauche sur ce groupe. J'ai d'ailleurs fini par m'en désabonner car je trouvais ça chiant de voir des gens considérer leur animal comme leur enfant.
Et pourtant, j'adore les chiens, j'ai grandi avec des chiens depuis toute petite donc je SAIS la peine qu'on éprouve quand son animal s'en va. Mais, voilà. Je sais aussi la peine qu'on éprouve quand son enfant s'en va. Et forcément, je les compare. C'est humain.
Je me rends compte d'ailleurs que j'ai développé ce recul sur les choses pour à peu près tout. Les galères de la vie d'adulte type impôts, travaux, etc, les réunions ou échéances au taf, beaucoup de choses que j'aurais prises très à coeur il y a cinq ans glissent sur moi désormais. C'est comme ça. Je ne crois pas que je sois devenue dure ou insensible, mais cette perte-là renverse forcément tout le système de valeurs, et durablement.
Tu n'es pas obligée de répondre sur ce groupe Whatsapp si c'est trop pour toi, d'autres personnes de la famille diront sans doute déjà assez de mots gentils.

