@Kettricken Je me permets de rapatrier ici la discussion sur les différents styles d'autorité et la façon dont nos enfants y répondent, car ça fait écho à plein de réflexions en cours chez moi et je me dis que ça sort aussi du cadre strict de l'école.
J'ai un peu le même sentiment que ce que tu décris avec la mienne, où la fermeté seule ne suffit pas, parce qu'elle campe sur ses positions. Elle est plus petite que ton Pichoulero cependant (3.5 ans passés). On est encore beaucoup dans l'opposition frontale à la maison, apparemment pas du tout à l'école où tout le monde me chante ses louanges. Pourtant, on a (j'ai, surtout) un style d'autorité beaucoup plus vertical que le tien, visiblement. Pas de conseil de famille chez nous, pas de règles établies en commun : c'est les parents qui réfléchissent et édictent les règles, en prenant bien sûr en considération le contexte et les avis de l'enfant quand c'est pertinent, et en étant ouverts à leur évolution. Elle sait tout ça, qu'on lui a répété plusieurs fois et reformulé de différentes manières.
Comme elle n'a pas encore une pensée assez structurée pour contre-argumenter, ça passe par des cris, mais je sens que ça va venir. Elle commence déjà à essayer, en répondant une objection "oui, mais..." à chaque remarque ou demande (on va passer à table "oui mais je veux encore jouer", on va prendre le bain "oui mais j'ai déjà pris le bain hier" mais tu t'es salie depuis "oui mais c'est juste les habits", etc.)
Quand il n'y a pas de compromis possible (il faut mettre des chaussures, et elle ne veut pas, au hasard

) et que les explications, la distraction ou le petit délai ne suffisent pas, la seule solution que j'ai trouvée est de la mettre dans sa chambre, porte fermée, de la laisser crier un coup sa frustration, et de ne la faire revenir dans le flot des événements que quand elle verbalise qu'elle va suivre la consigne donnée : "est-ce que si tu reviens, tu mettras tes chaussures ? oui, alors reviens", puis un petit câlin pour se calmer et les choses reprennent leur cours.
Évidemment ça ne s'applique pas à votre cas où l'opposition se fait hors de la maison, mais c'était simplement pour dire qu'effectivement, il y a des enfants qui ont besoin de se confronter un peu plus "brutalement" à la limite et que c'est difficile en tant que parents de trouver le point où on estimera avoir donné assez de temps et de pédagogie pour faire évoluer la pensée interne de l'enfant, et le moment où il faut être plus strict dans ses actes. Comme chez vous, ça se manifeste par périodes de quelques semaines ou mois, où les crises sont presque systématiques, puis ça s'apaise, puis ça revient sous une forme légèrement différente. Et ce depuis ses 2 ans aussi environ, alors qu'on n'avait aucun problème à lui donner des petites consignes quand elle était bébé (elle a très vite arrêté de mettre à la bouche, ne s'est jamais échappée, n'a jamais ouvert un tiroir interdit, etc.)
J'ai énormément culpabilisé par rapport à notre (ma) gestion de ses crises, qu'en plus elle préfère faire avec moi bien sûr. Mais j'ai l'impression que, très lentement, des choses se mettent en place : elle réagit maintenant aux décomptes, parfois (il y a quelques mois compter jusqu'à trois ou faire un tour sur moi-même c'était pareil), elle se calme parfois à l'évocation d'une "punition" (dans sa chambre donc) possible, les crises sont plus courtes souvent, et elle verbalise de mieux en mieux ce qui s'est passé pour elle, ce qui nous permet d'en reparler et de refaire de la pédagogie une fois tout le monde un peu calmé.
Pourtant, je continue de ne pas être totalement à l'aise avec notre manière de faire car la question de la punition telle qu'on la pratique revient beaucoup dans ses jeux, elle punit beaucoup ses doudous en les mettant dans leur chambre pour un oui ou un non, ainsi que nous quand elle décide de faire des jeux de rôles inversés. Ça me fait toujours douter du bien-fondé de notre manière de faire, et pourtant je suis persuadée que négocier plus ne serait pas utile, voire serait néfaste pour nous (fille et parents) à court ou moyen terme
