@Yennefer
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Ici 2 garçons, 7 et 9 ans. J'ai été élevée dans une fratrie mixte à prédominance de filles, par des parents féministes. Je ne pense pas qu'on avait des jeux très genrés, ou avait beaucoup de jeux d'imaginaire avec des playmo ou des poupées. J'imaginais que ce serait pareil avec mes enfants, je n'anticipais pas de "difficultés". Le choc a été rude, car mon aîné est un vrai teigneux. Il n'aime pas les câlins, il n'aime que la bagarre, les playmo qui se bagarrent, les épées, les combats, il dessine uniquement des scènes de bataille ou de meurtre. Il n'accroche à rien d'autre, à part les ballons. On a eu des poupons, des mallettes de docteur, une cuisinière, une marchande, du matériel de loisir créatif à la pelle, des stations de pompiers, des maisons en bois, des circuits à billes, tout un ensemble de porte container et de camion playmo pour faire une chaine logistique (j'étais trop contente), mais en pure perte. Il y a aussi que je considère que les enfants doivent jouer seuls, et que ça me saoule de devoir organiser ou orienter les jeux. C'est sûr que si on organise tout un jeu autour d'un restaurant ou d'un hôpital, ils vont participer, mais d'eux même ce n'est pas du tout leurs trucs. Le cadet aurait pu être plus tourné vers autre chose, mais il s'est mis dans les rails de son frère.
Ça me désespère, mais d'un autre côté je n'ai vraiment pas l'impression d'avoir forcé le trait sur les jeux de bagarre, et c'est son vrai délire, j'imagine qu'il y a quand même des enfants qui ont ça en eux. Leur père s'occupe beaucoup d'eux et mes parents également (mon père autant que ma mère, voire plus), ils organisent beaucoup de jeux non genrés, je me dis que tout était là pour laisser le choix. Mes parents hallucinent aussi du peu d'intérêt que mes enfants peuvent porter à tout ce qui n'est pas bagarre, c'est bizarre mais ça me rassure qu'ils me disent que les cousins, eux, s'amusent à mettre les vêtements aux Sylvanians et à faire des familles. Je me dis que je ne suis pas folle et paranoïaque et que j'ai réellement enfanté des psychopathes (je ne sais pas pourquoi ça me rassure).
J'ai un peu jeté l'éponge sur les jeux, je vais plutôt prendre le prochain train, celui de la participation à la vie familiale. Il faut que j'arrive à intéresser mon aîné à la préparation des repas et aux tâches ménagères, ça a toujours été vécu comme une punition pour lui, donc pour le moment je n'avais pas insisté. Là encore, leur père fait beaucoup de choses sur les tâches ménagères, ce n'est pas l'exemple qui manque. Le cadet est beaucoup plus agréable, il aime aider un peu, étendre un ou deux vêtements, apporter les affaires pour mettre la table, touiller 2 ou 3 trucs. Globalement je me fais moins de soucis pour lui, même si c'est loin d'être une fée du logis.
Pour l'école, on a de la chance, globalement les parents sont très progressistes, il y a plusieurs garçons aux cheveux très longs, avec des couettes, et je n'ai pas tant l'impression qu'il rapporte des mauvaises habitudes. Au contraire, il adore que je lui fasse un petit palmier sur la tête quand il a les cheveux "longs", pour faire comme les copains. Jusque qu'au CE2, ils jouaient surtout avec des garçons (à courir, jouer au foot), mais il y avait toujours un peu de filles dans le groupe. En CM1, ça c'est nettement ségrégué. Les anniversaires de tout le groupe sont devenus moins mixtes, en tous cas chez nous la seule petite fille invitée n'est pas venue. Je sais qu'en classe il discute avec les filles de son âge quand ils font des activités en groupe, et lui considère qu'il est ami avec plusieurs filles, mais quand je le vois au parc, il ne joue plus qu'avec des garçons. Des jeux avec les filles peuvent se mettre en place, mais uniquement s'il n'y a plus de ballon de foot dans les parages : à ce moment, l'ensemble des enfants peut jouer à des éperviers ou à des loups glacés. Je trouve ça assez cool que ça arrive, même si c'est forcément après le foot.