@Merlu En vrai, je te comprends très bien

J'ai cette tendance aussi
Je me rappelle de quand j'avais 15 ans, une amie m'avait dit que sa tante adorait être enceinte. Je m'étais lancée dans une tirade comme quoi c'était imp-pos-sible. Que les inconvénients concrets étaient quand même évident : on grossit, on va souffrir à l'accouchement, on doit faire attention à ce qu'on mange, on vomit... Donc pour moi, ça n'était pas logique du tout
J'ai aussi eu longtemps eu cette attitude face au couple. En avantage concret, je voyais la tendresse et le sexe. Mais je voyais énormément d'inconvénients pratique : le stress des débuts, le manque de liberté, moins de temps pour soi, tenir compte de l'autre pour certaines décisions... Sans compter toutes les stats qui montrent que les femmes sont les grandes perdantes du couple.
Et quand j'ai eu 29 ans, j'ai vécu ma 1ère vraie (seule) histoire d'amour et j'ai réalisé qu'il y avait beaucoup de points positifs ET négatifs que je n'avais pas réalisé parce qu'ils n'étaient pas aussi facilement formulable que "moins de temps pour soi"
Et ben c'est pareil avec les enfants. Les points négatifs concrets sont très vrais. Mais il y a aussi beaucoup d'éléments, positifs ou non, qui sont très difficiles à expliquer
Tiens, un auquel je réfléchis ces derniers temps : le fait que la maternité à totalement changé mon rapport au temps.
Quand je cherchais sans succès à tomber enceinte, j'avais fini par définir que une des envies que j'avais, c'était que le temps redevienne pour moi linéaire. Depuis quelques années, ce temps était pour moi circulaire : j'étais prodonfément heureuse, je m'amusais avec mon compagnon, on partait en voyage... mais c'était comme un cycle. Je voulais redevenir à un déroulement linéaire
Et c'est effectivement ce qui s'est passé. Et j'en suis très heureuse. Mais j'avais négligé aussi un aspect négatif de ça (car toutes choses à ses avantages et ses inconvénients) : un temps linéaire est un activateur de nostalgie +++ Autrefois, une année était juste une année. Si elle était bof, l'année d'après serait mieux. Maintenant, une année est irremplaçable. Et fugace
Autre changement de mon rapport au temps que je n'avais pas envisagé : il m'aparait fugace maintenant. L'enfance dure 10-12 ans et j'ai l'impression que j'aurais à peine le temps de cligner les yeux et ça sera passé. Que ça ne sera qu'un bref moment dans ma vie.
Bon tout ça ne t'aide pas à comprendre pourquoi les gens veulent des enfants

Mais les raisons de tout le monde sont tellement différentes.
Moi il y a vraiment eu le fait que soudain, j'ai eu l'impression que devenir parents étaient une aventure. Et moi qui suis timorée, je voulais prendre ce risque. Je voulais "aller vers la vie" (mon impression perso) plutôt que d'écouter mes peurs
Et puis j'aime profondément la vie. J'avais envie de montrer le monde à un enfant et de voir ce qu'il lui plairait
A l'époque où je disais encore ne jamais vouloir d'enfants, j'avais un collègue père de 4 qui voulait me convaincre. Une autre collègue, mère de 2, roulait des yeux au ciel et lui disait de me ficher la paix.
Mais un jour qu'on parlait elle et moi, elle m'a dit, sans aucune volonté de me convaincre de quoique ce soit, qu'un truc qu'elle avait aimé en devenant parent, c''était de revivre un peu la magie de l'enfance à travers les yeux de ses fils. Ben ça m'a vraiment parlé. Et j'y ai bcp pensé quand j'ai changé d'avis sur la parentalité
Mais une fois encore, c'est une phrase qui a réveillé des envies chez moi qui n'existent pas chez tout le monde. Ca dépend de son rapport à son enfance, à la vie, à la transmission
"What was lost in the collapse ? Almost everything, almost everyone. But there is still such beauty" (Station Eleven)
"Hate is always foolish, love is always wise" (the Doctor)